Aller au contenu principal
Fermer

Arrêts maladie : début des négociations entre syndicats et patronat en vue d'une réforme
information fournie par AFP 29/10/2026 à 13:32

Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou à la sortie de l'Elysée, le 14 octobre 2026 à Paris ( AFP / Ludovic MARIN )

Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou à la sortie de l'Elysée, le 14 octobre 2026 à Paris ( AFP / Ludovic MARIN )

Les syndicats et le patronat ont ouvert jeudi leurs négociations, à l'appel du gouvernement, pour trouver des réformes "structurelles" et un milliard d'euros d'économies sur les arrêts de travail, un chantier épineux vu les divergences des positions et les délais serrés.

Cette première réunion jeudi matin en visioconférence, portait essentiellement sur le calendrier des discussions.

Les organisations syndicales (CFDT-CGT-FO-CFE CGC-CFTC) et patronales (Medef-Les Entrepreneurs-U2P) se retrouveront le 4 novembre pour des "auditions" d'experts avant d'entrer dans le dur les 16 et 25 novembre, sur les thèmes de la prévention, des conditions de travail et de reprise, puis le 2 décembre autour des paramètres d'indemnisation, et le 9 décembre sur le "rôle de chacun des acteurs" (médecins, entreprises, assurés), ont indiqué à l'AFP des négociateurs.

Le 14 décembre est programmée la "séance conclusive" : les partenaires sociaux doivent rendre leur copie le 19 décembre, pour permettre des économies dès le début 2027.

"On a calé un bon rythme", a commenté auprès de l'AFP le Medef, qui accueille la saisine gouvernementale "avec intérêt", après "n'avoir cessé d'alerter sur la hausse des arrêts maladie", aux importantes "conséquences" sur la vie des entreprises. "La réponse devra être globale : prévenir, lutter contre les abus, accompagner et favoriser le retour a l'emploi", a ajouté l'organisation.

Dans sa lettre de cadrage, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, ouvre des axes de travail très larges : prévention, révision des paramètres du système (durée et plafond d'indemnisation, complément employeur...), ou encore "responsabilisation" des acteurs.

Le ministre suggère de moins protéger les "arrêts courts" et mieux les "longs", demandant surtout de trouver l'un des deux milliards d'euros d'économie sur les arrêts maladie prévus dans le budget 2027.

"Il faut agir", a-t-il insisté jeudi sur France Inter. "Nous incitons les partenaires sociaux à revoir en profondeur le système pour à la fois mieux protéger les salariés et à la fois que ça coûte moins cher à la Sécurité sociale".

"Le gouvernement veut nous faire endosser une recherche d'économies" et reconsidérer des questions très vastes en "seulement deux mois", et ce, "dans un contexte de contestation sociale majeure", sur fond "d'inégalités sociales", d'une politique macroniste qui n'a fait "qu'enrichir les riches" et réduire les droits des assurés, pointe Denis Gravouil, négociateur de la CGT.

"On va poser la question de la responsabilité du patronat sur le +pourquoi+ il y a une explosion des arrêts maladie/accidents du travail, de la souffrance psychique, des burn-out", et "mettre le paquet sur la prévention", avance-t-il, anticipant "un affrontement très clair avec le patronat, qui semble, lui, vouloir remettre en cause" l'indemnisation de certains arrêts.

Fin septembre, le président du Medef, Patrick Martin, avait suggéré de ne plus rembourser les arrêts maladie de courte durée qui, selon lui, augmentent "d'une manière parfois suspecte", proposant des jours de carence "d'ordre public" indemnisés ni par l'Assurance maladie, ni par l'employeur.

L’augmentation des dépenses est "en grande partie un problème comportemental", juge Eric Chevée, le vice-président des Entrepreneurs (ex-CPME), pointant certains assurés "qui s'arrêtent un peu excessivement", à la suite d'"un mauvais week-end" ou "des problèmes relationnels au travail".

Le délai de deux mois "paraît très ambitieux", mais on peut au moins "mettre des pistes de travail sur la table", considère-t-il.

De son côté, Force ouvrière appelle à "regarder, avant l'angle financier, celui de la santé" des salariés, et les "grandes causes menant aux arrêts : les conditions de travail, le vieillissement, l'émergence des maladies chroniques, les risques psychiques...", indique le négociateur, Eric Gautron, qui rappelle que les arrêts de courte durée représentent "4 % de la dépense".

8 commentaires

  • 16:03

    Impec pour lancer une petite ligne à partir d'un pont !


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Pages les plus populaires